3003 – La communication orale

La préparation d’un exposé oral
La présentation orale
Des stratégies pour l’écoute d’un discours oral
Références
 
 
La préparation d’un exposé oral
 
Avoir une présentation orale à faire peut être désagréable pour plusieurs personnes.  Pourtant, ce genre d’exercices s’apparente à plusieurs situations auxquelles on a à faire face dans la vie de tous les jours.
 
Il est possible de diminuer considérablement la dose de stress qui nous envahit avec une bonne préparation et quelques trucs anti-stress.
 

Exploration d’un sujet

 
Lorsque l’on a un exposé oral à préparer, il faut choisir un sujet ou respecter le sujet qui est imposé.  Dans un cas comme dans l’autre, il sera important d’explorer plusieurs facettes du sujet pour sélectionner les aspects que l’on abordera dans la présentation orale.
 
La première manière de réfléchir à notre sujet, c’est de faire un remue-méninge (en anglais : brainstorming).  Cette étape est simple, elle consiste à écrire toutes les idées qui nous passent par la tête.  Le remue-méninge exclut toute censure, il faut tout noter, même les idées les plus farfelues et les plus absurdes.  Ces idées mènent parfois à d’autres idées qui seront encore meilleures.  Après avoir noté toutes les idées imaginables, à tête reposée, il est maintenant possible de faire le tri entre les bonnes et les moins bonnes idées.  Les idées conservées pourraient alors être les points importants de votre exposé, ce sur quoi vous devrez faire les recherches.
 
Il est aussi possible de fonctionner avec la méthode de l’entonnoir.  Pour ce faire, il faut partir d’une idée très vaste et très générale.  En éliminant les aspects qui nous intéressent le moins et en accentuant ceux qui nous intéressent le plus, on est capable de diriger ce sujet général vers un sujet plus précis, plus facile à travailler.
 
Peu importe le moyen que l’on aura choisi pour orienter notre sujet, il sera essentiel de faire quelques recherches, histoire d’en savoir un peu plus et d’ainsi, mieux informer notre auditoire.  La recherche sera plus facile à faire puisque notre sujet sera plus délimité et plus précis.

Organisation d’une présentation orale

 
Après avoir trouvé nos idées et les informations que l’on veut donner, il faut organiser le corps de notre exposé.  Il s’agit alors de décider dans quel ordre on va présenter nos idées.  Il ne faut pas oublier que les auditeurs ne connaissent pas autant le sujet choisi, il faut donc penser à organiser les idées de la manière la plus claire et la plus intéressante qui soit.
 
Pour y arriver, on peut organiser toutes les idées en aspects plus généraux.  En fait, la structure d’un exposé sera exactement la même que la structure d’un texte écrit.  Il est donc tout aussi important de faire un plan.
 
La structure générale de l’exposé va changer selon le type d’exposé qu’il faut faire, comme pour les différents types de textes écrits.
 
Une chose revient par contre irrémédiablement : l’introduction et la conclusion.  Il est essentiel de présenter le sujet au groupe et de conclure les idées, à la manière des textes écrits.  L’introduction peut représenter la partie la plus large d’un entonnoir : le sujet est plus général, il n’y a pas vraiment de détails.  Le développement va se concentrer sur des informations précises et des détails, il représente donc une section plus petite d’un entonnoir.  Quant à la conclusion, elle propose une nouvelle ouverture sur le sujet général, elle peut donc se représenter comme l’ouverture d’un nouvel entonnoir juxtaposé au premier.
 

Trucs pour la présentation orale

 
L’objectif de la présentation orale est de présenter notre sujet aux autres.  Il s’agit donc de se pencher sur les informations qui sont les plus captivantes et de montrer à la classe en quoi ce sujet était intéressant, quelles idées sont ressorties lors de la recherche et de la préparation.
 
Parfois, ce n’est pas la matière à dire qui rend la présentation orale difficile, mais le stress, voici donc quelques trucs pour le diminuer ou le contrôler. 
 
Faire un court plan de ce qu’on doit dire. Il s'agit de quelques mots clés qui permettront de se retrouver dans ses idées au cas où on les oublierait.  Le plan sera plus facile à consulter au milieu de l’exposé que le texte intégral.  Il est aussi possible d’écrire le plan au tableau de manière à ce que les autres comprennent l’organisation de la présentation.
 
Pratiquer son texte avec une ou deux personnes à la maison (c'est gênant mais on sera moins nerveux devant la classe). Noter les endroits où on se trompe le plus souvent...
 
Revoir les informations que l’on veut dire.  S’assurer de bien connaître notre sujet.  Si on veut être sûr de ne pas oublier des chiffres ou des dates importantes, on peut utiliser des fiches qui ne contiennent que ces informations.
 
Se pratiquer la veille de la communication. Le matin, une dernière fois mais pas nécessairement à l'école. Le faire en se levant. À l'école, revoir seulement ses idées.
 
Passer dans les premiers, si possible. De cette façon, le stress aura moins le temps de s'installer.
 
Prendre un bon déjeuner le jour de la communication (on performe mieux le ventre plein que vide!).
 
Parler le plus calmement possible en prenant de grandes respirations. Si on oublie quelque chose... ne pas chercher trop longtemps... passer à l'idée suivante. On peut toujours se permettre de dire plus tard ce qu’on n'a pas dit plus tôt.
 
 

La présentation orale
 

La communication

 
Le but de la présentation orale n’est pas de démontrer que l’on est capable de retenir un texte entier et de le redire devant la classe.  L’exercice fait partie des types de communication.  Le tout doit donc avoir l’air le plus naturel possible.
 
Pour y parvenir, la première chose est de bien se préparer.  Lorsque l’on connaît très bien notre sujet, on peut alors arriver devant la classe avec moins de feuilles et plus d’assurance.  Si des idées nous échappent, on saura alors mieux les trouver sur nos feuilles qui ne contiennent que l’essentiel.
 
L’exercice ne consiste pas non plus à lire un texte devant les autres.  C’est pourquoi il est plus important de préparer les idées que les phrases.  Le ton sera alors plus naturel, plus communicatif et plus agréable à écouter.
 
Il faut non seulement s’assurer que le support choisi soit cohérent avec notre présentation, mais il faut tout autant s’assurer que tout le groupe va pouvoir voir et entendre.
 

La prosodie

 
La prosodie est la manière de parler : l’intonation, le rythme et les émotions.  Afin de rendre un exposé vivant et intéressant, il est essentiel de varier ces éléments.  Voici quelques idées qui peuvent aider à la présentation orale.
 
Pour chacun de ces aspects, il faut retenir que la communication doit être intéressante et vivante.  Il faut que les élèves qui écoutent soient intéressés et aient l’impression qu’on s’adresse directement à eux.  Il faut donc prendre tous les moyens possibles pour faciliter l’écoute.
 
Articulation : Les mots sont prononcés correctement et clairement. Il ne faut pas « mâcher » ses mots.  Les personnes qui écoutent ne sont pas toutes juste à côté, il faut alors s’assurer que les mots soient bien compris partout dans la classe.
 
Débit : La vitesse est un problème courant. On a trop souvent tendance, en raison de la nervosité, à accélérer le rythme. L’idéal est de prendre des pauses entre les paragraphes ou les idées à exposer.
 
Tonalité : Le ton se doit d’être entraînant sans être trop enthousiaste à moins que cela ne se prête au texte exposé (humour par exemple). Le pire ennemi de l’élève est le ton monocorde qui pourrait endormir jusqu’au plus attentif des auditeurs.
 
Volume : Il faut parler assez fort pour être entendu sans casser les oreilles de ses collègues. C’est le fait de parler trop faiblement qui est le plus courant.  Pour éviter ce problème, on peut garder la tête haute et ne pas se cacher derrière une feuille qui bloquerait tous les sons.
 
Style : Se donner du style est payant, il faut laisser notre personnalité sortir au grand jour lors d’un exposé, il vaut mieux être plus naturel.  Le style va donner un côté unique et intéressant à l’exposé, une touche personnelle.
 
Vocabulaire : L’emploi d’un vocabulaire correct ou soutenu est très important. Il faut éviter le langage trop familier.  La présentation orale est une forme d’évaluation; la qualité de la langue sera vérifiée.  Il ne s’agit pas par contre de lire un texte écrit. Le niveau de langage littéraire et très riche n’est pas le plus approprié non plus.  Privilégier le langage correct avec un vocabulaire varié.
 
Tics de langage : Il est également préférable d’éviter les « eeee » et les « pis » ainsi que les répétitions abusives d’une même phrase ou expression (genre, comme, tsé…).
 
Le meilleur moyen de contrôler tous ces aspects est de pratiquer plusieurs fois son exposé pour bien le maitriser et bien le contrôler. 
 

Le non verbal

 
Dans la communication, le non verbal peut parfois donner plus de sens que les mots que l’on dit.  C’est alors important d’investir autant d’énergie lors de la présentation que lors de la préparation.  Si on a l’air de s’ennuyer profondément pendant notre propre exposé, les gens qui l’écoutent vont le trouver encore plus ennuyant.
 
La présentation orale est l’une des manières possibles de communiquer ses idées, le but est donc de présenter ses idées de la manière la plus intéressante possible pour l’auditoire.  Voici quelques aspects qui peuvent aider à rendre une présentation orale plus vivante.
 
Position - utilisation de l’espace : Il est important de se tenir droit. On ne s’appuie pas sur un mur ou sur le tableau (surtout que celui-ci est peut-être plein de craie). Pour occuper ses mains, on peut soit gesticuler (mais par trop quand même), tenir une baguette si on veut pointer quelque chose, avoir un objet quelconque dont on se servira durant l’exposé ou encore avoir une feuille posée sur un livre (si on tremble, ça ne paraît pas). Surtout ne pas mettre ses mains dans les poches.
 
Regards : Un vieux truc consiste, si le regard des autres nous gêne, à regarder par-dessus la tête de ses collègues. On fixe trois points au fond de la classe et on passe alternativement de l’un à l’autre (sans abuser de la technique). Si on n’est pas gêné, on peut simplement regarder les autres élèves sans fixer personne en particulier.
 
Mimiques : Il peut être pratique d’imiter quelqu’un ou quelque chose mais attention de ne pas exagérer ce type de geste non verbal.
 
Il faut éviter de mâcher de la gomme, de sourire trop, d’avoir un air renfrogné ou trop décontracté.
On essaie de garder son calme tout en affichant un certain enthousiasme.
Si on oublie quelque chose, on passe au point suivant quitte à y revenir.
On doit respecter le temps qui nous est imparti.
On peut interagir avec le public si on est à l’aise.
Enfin, on termine en posant une question ou en recueillant les commentaires des autres élèves.
 
L’essentiel est de toujours tenir compte du sujet que l’on aborde et de l’atmosphère que l’on souhaite donner à notre exposé.  Attention par contre, un exposé doit tout de même contenir une majorité d’éléments sérieux auxquels on ajoute de la vie et non une panoplie de blagues entre lesquelles on glisse des informations de temps à autre.
 

Les supports visuels et auditifs

 
Pour appuyer les propos d’un exposé oral, il est possible et même recommandé d’utiliser des images et des tableaux.  Faire circuler une image ou montrer un tableau sur un carton peut éviter de longues explications confuses et rend l’exposé plus interactif.
 
Il y a plusieurs types de supports visuels, il faut alors choisir celui qui convient le mieux à la présentation que l’on veut faire, à ce que ce support visuel apporte de plus et au temps que l’on a pour faire notre présentation.  Il est alors possible de choisir entre : les informations et les schémas que l’on peut représenter au tableau, les affiches colorées que l’on accroche au tableau, les images que l’on fait circuler dans la classe, une chanson, l’extrait d’un film ou d’un reportage, une présentation de diapositives (Powerpoint), etc.
 

Les troubles du langage

 
Pour certaines personnes, la présentation orale est encore plus stressante.  En effet, des élèves souffrant de trouble du langage peuvent trouver plus difficile l’exercice de parler en public.
 
Par exemple, pour les personnes souffrant du bégaiement, le rythme de l’exposé oral sera moins fluide et moins facile à écouter.  Le bégaiement, qui touche 1% de la population, va faire en sorte que certaines syllabes sont répétées en cascades, de manière incontrôlable.  Il est toutefois possible de traiter le bégaiement avec un orthophoniste qui donnera des exercices de respiration et de communication orale.
 
Pour les personnes souffrant de dyslexie, certains mots vont être plus difficiles que d’autres à prononcer : les dyslexiques vont avoir tendance à inverser des sons ou des syllabes.  Lors de l’apprentissage de la lecture, il est normal que ce genre d’accrochages arrive.  Par contre, chez les enfants dyslexiques, ces accrochages ne se règleront pas d’eux-mêmes.
 

Des stratégies pour l’écoute d’un discours oral

 
Lors d’une période de présentations orales, il peut être difficile de maintenir constamment le même niveau d’attention.  L’écoute en général n’est pas inactive.  Elle implique des réflexions et des réactions.
 
C’est pourquoi l’écoute active peut être un moyen de maintenir le niveau de concentration.  Pour y parvenir, il faut être à l’affut et se tenir constamment actif : prise de notes, noter des questions qui passent par la tête, porter attention aux exemples et aux supports visuels et auditifs.
 
Lorsque le cerveau fait des efforts pour comprendre et noter ce qui est dit et entendu, l’écoute sera non seulement plus facile, mais aussi plus efficace.
 


 
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